Rayon de Lune

Rayon de Lune

Molécule (La)

Les divagations d'une molécule


Textes courts, très courts même sur tout et n'importe quoi.



Il était une fois, il y a très longtemps, dans un lointain pays aujourd'hui disparu, une jeune et belle princesse amoureuse du plus vaillant chevalier du siècle. Lorsqu'il mourut, elle se jeta de la plus haute tour du château et alla se fracasser sur le toit de l'Église offusquée.

La Molécule - 1989


Dans une contrée oubliée des hommes, vivent encore des elfes. En compagnie de licornes merveilleuses, ils coulent des jours heureux dans un monde paisible que nul ne songerait à troubler. Ce petit paradis terrestre porte le nom de Lilenwa.

Au Q.G. de l'U.S. Army, dans le cadre expérimental d'une nouvelle bombe qui relèguera le missile atomique au rang de lance pierre, la fusée quitte la base. Sa cible : un lieu inhabité du nom de Lilenwa.

La Molécule - 1989


L'ombre frêle marqua une hésitation.
Dans l'obscurité quasi complète de la rue mal pavée, encombrée d'immondices puants, les plus noires affaires criminelles, les plus ignobles forfaits se tramaient sans que nul n'osait intervenir de peur de n'être plus au matin qu'une charogne affreusement mutilée et à moitié dévorée par les chiens efflanqués qui traînaient toujours alentours. Ici la police n'entrait pas. Elle évitait avec soin ce quartier d'antiques maisons crasseuses et branlantes, aux façades aveugles, aux murs lépreux protégeant les complots ourdis par une racaille sans nom. Le sombre lacis de venelles abritait la fine fleur du crime. Les jardins à l'abandon, enclos de murailles écroulées, renfermaient autant de cadavres que d'herbes folles. Une odeur de charnier s'élevait des culs-de-sac, mêlant ses effluves aux relents méphitiques de flaques putrides.
survivre elle devrait combattre. Sa longue épée flexible quitta son antre. Un poignet souple garni de dentelle mousseuse la maniait en habitué.
Dans un silence étouffant la danseA un carrefour l'ombre enveloppée d'un manteau trop grand qui soulignait étrangement la minceur de sa silhouette, hésitait sur la route à suivre. Finalement elle dut comprendre qu'ici tous les chemins se valaient, ils renfermaient tous les mêmes dangers, la même sourde menace de trépas violent y appesantissait l'atmosphère, car elle s'avança droit devant elle, à peine voûtée sous le poids d'une peur funeste.
Un abject bruit de succion l'avertit qu'on la suivait et elle accéléra le pas dans le vain espoir de sortir d'ici avant d'être rejointe. D'un saut agile elle traversa un véritable ruisseau de sang charriant des ordures. Un mouvement devant elle la fit s'immobiliser. On l'encerclait ! Un rayon de lune se refléta sur une lame sans fourreau. L'ombre comprit que pour
de mort s'engagea. L'ombre bondissait entre les ombres. Son arme volait vers les gorges un instant découvertes. Elle perçait et tailladait avec grâce. L'art consommé de son maître lui désignait ses cibles, elle s'y enfonçait avec délice.
Bientôt un halètement dépara sur les râles d'agonie et l'épée si promptement tirée regagna son logis. L'ombre aux mains si blanches réajusta son ample manteau avant de reprendre sa progression dans la boue détrempée de sang.
C'est ainsi qu'une nuit un homme osa braver l'inconnu et ne s'en porta pas plus mal.

La Molécule - 23/06/1989


Partout ce n'était que violence, bruit et fureur.
Dans la lumière démoniaque des demeures incendiées le Mal sous toutes ses formes répandait crimes et abominations. Un chaos de haine dévorait la ville.

Les ravages de la guerre abandonnèrent la cité aux charognards. Les innocents massacrés, les filles violées, les survivants livrés aux tourments de la mémoire.

C'était une journée comme les autres.

La Molécule - septembre 1989


Au début des temps régnait l'obscurité du dieu sombre, Dorchamèn. Puis, comme rien ne peut exister sans engendrer son contraire, vint la lumière de la déesse Elia. Et comme il suffit d'être deux pour qu'une guerre commence, ils se déchirèrent. Enfin, las de souffrir dans leurs chairs, ils créèrent les hommes afin qu'ils se battent à leur place. Depuis les hommes s'entretuent sans se soucier de savoir pourquoi.

La Molécule - 10/06/1991



25/09/2009
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